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 ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]

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Charlotte Leonhart
~† Blood is shining on my lips... †~
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MessageSujet: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Mar 3 Mar - 3:26



" You’re not my eater
I’m not your food
Love you for God
Love you for the Mother "


~† Il faisait nuit noire lorsque la voix cristalline de l'étrange vampire qu'était Charlotte Leonhart résonna dans un Granary Burying Ground totalement désert. Il lui arrivait souvent de venir se... promener dans ce cimetière. Elle aimait l'endroit et l'atmosphère qui y régnait. Généralement elle y était tranquille, l'endroit étant vide. Mais parfois, il arrivait que certains vampires, dont elle partageait le point de vue, se rassemblent ici. Quelques fois elle se mêlait à eux. D'autres fois, elle ne faisait que les regarder de loin, sa tête se balançant lentement de droite à gauche. Aujourd'hui, il n'y avait personne. Personne si ce n'était elle et les morts qui pourrissaient dans leurs tombes... Une mélodie hantait son esprit depuis quelques heures déjà. Cette même mélodie qu'elle entonnait à présent. Seule, dans ce cimetière abandonnée, sa voix paraissait plus envoûtante qu'à l'ordinaire. Elle se brisait en des milliers de petits éclats de cristal qui se répercutaient un peu partout, contre les tombes, dans les allées, sur le sol caillouteux... Mystérieuse, sensuelle, sibylline et impénétrable. Son corps, quant à lui, ondulait lentement au rythme de ses intonations de voix. En une danse lascive qui n'était dédiée qu'à la Mort. Chère compagne. Bonne amie. Tendre complice... Cette douce mort à qui elle faisait une offrande dès qu'elle se nourrissait, pour la remercier de ne pas l'avoir emportée, elle. De la laisser jouir d'une éternité infinie... Ce devait être cela, la contrepartie. Si quelques uns avaient la chance de vivre éternellement, il fallait qu'ils rendent leur quota à la Mort. Balance naturelle de l'équilibre, ou simple cycle de la vie. †~

" Eat me
In the space
Within my heart
Love you for God
Love you for the Mother "


~† Notre multiple centenaire continuait d'avancer entre les tombes, dansant vaguement, ne prononçant pas totalement tous ses mouvements. D'aucun aurait pu croire qu'elle effectuait on ne sait quel rituel étrange. D'autres auraient simplement pensé qu'elle était totalement dérangée pour, d'abord se promener en pleine nuit dans un cimetière mais, pire encore, danser entre les tombes. Entre les tombes ? Plus maintenant non. En un saut gracieux, elle se retrouva sur le haut d'une pierre tombale. Un pied dans le vide, l'autre posé seulement sur la pointe. Un autre bond léger et elle se trouvait perchée sur un autre caveau. Doucement, et toujours au rythme de sa voix, elle se mit à... voler de tombes en tombes, ne se souciant de rien d'autres que de son chant et de sa danse. Si elle avait prêté un peu plus attention, peut-être aurait-elle senti, peut-être aurait-elle entendu, peut-être aurait-elle vu cette ombre qui se tapissait et qui n'attendait que le bon moment... Mais non. Insouciante et insoucieuse, elle préférait s'amuser à regarder le reflet de la lune sur le bracelet de perles qui ornait son poignet droit, à sentir les mouvements de sa robe de mousseline noire contre sa peau d'ivoire, à deviner les souffles de vent qui soulèveraient sa crinière brune... Fascinée par les moindres détails, les moindres sensations. Il était tellement rare qu'elle ressente... Plus jamais elle n'avait chaud ou froid. Plus jamais elle ne sentait son coeur s'accélérer brutalement. Plus jamais elle ne sentait le sang lui monter aux joues, pour les rougir tendrement suite à un compliment. Elle avait une vie éternelle, certes, mais à l'intérieur, tout ou presque, était déjà mort... Elle ne s'en plaignait pas non. Mais une fois, juste une et pour quelques secondes, elle aimerait retrouver ce genre de sensations... †~

" Mother fountain
Or live or not at all

The most level
Sunken chapel
Love you f... "


~† Tenez, en parlant de sensations. Si son coeur avait toujours été en état de marche, peut-être alors se serait-il emballé, affolé, ou peut-être même arrêté lorsqu'une ombre avait fondu sur elle, la plaquant violemment au sol. Au lieu de cela, rien... Elle était juste déçue de ne pas pouvoir finir son mouvement de danse. Enervée qu'on ne la laisse pas terminer sa chanson en paix. Evidemment, si elle avait été attentive, elle aurait pu se décaler au moment même où l'ombre bondissait, le laissant s'échouer lamentablement sur le sol. Elle ne l'avait pas été. Evidemment, si elle avait voulu, elle aurait pu le repousser d'une simple poussée de la paume de main. Elle ne l'avait pas fait. Non, elle se contentait de rester là, immobile. Une petite lueur intriguée au fond des yeux, elle observait celui qui s'apprêtait à la tuer. Il était grand. Il était musclé, massif. Il était jeune. Il était blond. Il était sérieux. Il jubilait d'avoir mis la main sur une vampire. Il avait au fond du regard cette lueur démente, parce qu'il pensait réellement qu'il avait déjà gagné. Mais tant qu'elle ne reposerait pas raide morte, ce jeune homme n'avait aucune chance... Pas même avec le poignard qu'il tenait dans la main droite. L'autre, la gauche, vint s'abattre sur le visage parfait de Charlotte. Pensait-il pouvoir l'abîmer ou lui faire mal avec un simple coup ? Elle ne pouvait pas bouger, du moins en théorie. Lui était sur elle, à califourchon. Et il aimait ce qu'il faisait, oh ça oui, elle le sentait nettement... Mais pour l'instant, elle n'avait pas réagi encore. Elle se contentait de continuer de chantonner, regardant le ciel étoilé loin au-dessus de lui. Elle ne se défendrait que lorsque la lame du poignard serait trop proche de son coeur inanimé. Ce qui ne saurait tarder, à voir l'expression qui ornait le visage du chasseur. Il allait le faire, il était tout proche de le faire. Et il aimait ça, oh ça oui... Il leva la lame au-dessus de sa tête, ramenant ses deux mains sur celle-ci. Et, alors qu'il allait l'abattre, et que Charlotte attendait patiemment pour le repousser, une lumière crue et vive illumina le cimetière désert et sombre. Comme un flash... †~
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Matt Declan

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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Mer 4 Mar - 21:22

La presse à sensation allait bon train ces temps-ci. Les attaques se multipliaient. Les photos aussi. Certains faisaient même des films pour se vanter de leurs exploits.
Sauf que là, je ne suis pas avec lui.
Je ne sais jamais par avance ce que je vais faire de mes photos. Certaines pro-attaques aiment les avoirs pour faire leur book. Ils payent plutôt bien. Mais pas autant que ceux que je menace.
Imaginez un instant que leur employeur se basent sur certaines données pour garder leurs employés. La violence, la haine, sont des qualités que certains, bien que de plus en plus rares, ne cautionnent pas.
Personnellement je m’en fous.
Je me vends au plus offrant.
Ce qu’ils font est leur problème. D’un côté comme de l’autre.

Je suis celui-là depuis un petit moment. Ces dernières photos, il me les a achetées plus cher que son âme. C’est un bon client.
Fiston d’un riche patron de la ville à l’image clean, il ne pouvait décemment pas se permettre de laisser circuler ça. Papa a largement contribué au rachat.

Au crépitement du flash, il se retourne.
C’est que ça va devenir un client fidèle ce petit. Il a du mal à se contrôler visiblement.
Pour sa gouverne, la créature de ce soir est sublime. Longue, aussi pâle que ce que sa chevelure est brune et un visage à tomber.

La lame est suspendue au dessus de sa gorge, pendant que lui, fronce les sourcils et tente de me distinguer dans l’obscurité. Je lui fais ce plaisir et j’avance dans un rayon de lune, un sourire narquois greffé au visage.

Il va cracher papa.


- Encore toi ?! Tu me suis???

Oui.

Je m’apprête à rétorquer lorsqu’elle réagit. Plus vite que moi.
Plus vite que lui.
On les dit rapides. Ce n’est rien comparé à ce qu’il en est. Si vous n’avez jamais eu l’occasion auparavant de voir un vampire agir, vous êtes loin du compte. Le temps et l’espace n’ont aucune emprise sur eux.

Plus rapide que l’éclair elle lui vrille le poignet qui rend l’âme dans un craquement sinistre et lui fait lâcher son arme. Je crois pas mal de gens dans le métier… et je peux vous assurer que pour bon nombre d’entre eux, j’aimerai pas être à leur place.
Avant que j’ai eu le temps de protester (ben ouais, elle me fait perdre mon fric là) elle bascule le blondinet et se jette dessus pour lui sucer le sang.

Après un petit moment de surprise. Je lève mon appareil et prend la scène en photo. C’est lorsqu’elle se relève et qu’elle se dirige vers moi que je commence à prendre conscience d’une potentielle erreur. J’aurai peut être mieux fait de me barrer.

Elle se plante sous mon nez, un filet de sang aux lèvres, terriblement belle et terriblement dangereuse.


- Tu viens d’avoir raison de mon meilleur client.
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Sam 7 Mar - 22:15

~† Une photo... Quelqu'un avait pris une photo de l'agression... Cela ne la surprenait même pas... Le monde déraillait depuis que certains vampires avaient eu la bonne idée de se dévoiler publiquement. Il fallait croire que certains avaient trouvé un nouveau bon filon pour se faire de l'argent : la violence sur les vampires. Cela devait leur rapporter pas mal. Probablement plus que la violence faite par les vampires... Ceux-là devaient juste gagner un aller simple vers la mort. Mais dans l'autre sens, ce devait être un bon business. Les humains étaient si avides, si intéressés... C'était bien connu de toute façon, ce qui rapportait le plus d'argent, c'était la violence, le sexe, et la bouffe. Alors que, étant un vampire, on pouvait avoir ces trois choses sans rien payer du tout et récolter un plaisir malsain. Tellement plus rentable... En cette jolie nuit étoilée, l'avarice prenait le visage d'un jeune homme à la moue narquoise mais à qui, pourtant, bien des mères seraient capables de confier leur fille chérie. Un humain aux traits doux. Assez grand et aux muscles développés. Une vingtaine d'années et tout d'un jeune homme bien sous tous rapports. Si ce n'est qu'il venait traîner la nuit dans des cimetières pour prendre des photos de ses semblables attaquant des vampires... Le vice se cache partout, même sous les beaux visages... Si Charlotte ne connaissait ce photographe ni d'Eve ni d'Adam, il semblait en être autrement de son agresseur puisque ce dernier interpella l'autre, lui demandant s'il le suivait. Et bla bla et bla... Les règlements de compte entre humains, ce n'était pas vraiment sa tasse de thé. Etrangement, elle préférait lorsque le thé était plus... rouge. Alors, sans crier gare, elle s'était saisie du poignet du chasseur et l'avait brisé aussi facilement qu'un enfant casse un brin d'herbe. Elle avait agi rapidement. Plus encore pour des mortels. Le poignard était tombé sur le sol, scintillant à la lumière de la lune. Elle l'avait observé une seconde, pendant que l'homme blond hurlait à la mort. Cela tombait bien, elle avait justement dans l'intention de l'amener vers sa fin sans un détour...

Une seconde plus tard, le corps encore chaud de l'humain se retrouvait inanimé sous celui, glacial, de la vampire. Ses canines étaient ancrées profondément dans la chair du jeune homme, et elle aspirait goulument le sang qui s'échappait de la plaie. Sa langue allait récolter le liquide vital et elle prenait un malin plaisir à l'aspirer, lentement, entre ses lèvres parfaites. Il fallait bien qu'elle laisse le temps au chasseur de sentir la vie qui quittait son corps, pour finir entre ses lèvres rougies... Il était en train de vivre le moment le plus jouissif de sa vie, elle n'aurait pas voulu l'en priver ! Les humains sont tous masochistes au fond d'eux. Ils sont attirés par la mort, sans pouvoir rien y faire. Alors, lorsqu'ils sentent que la fin de leur vie est toute proche, plus particulièrement lorsqu'ils meurent en se faisant vider de leur sang par un vampire, tout leur devient clair. Soudainement, ils n'ont plus aucun soucis, plus aucun problème. Ils ne font que profiter de l'instant présent, l'appréciant à sa juste valeur... La Mort est tellement belle... Elle suçotait toujours la peau de l'humain lorsqu'elle entendit un "clic" derrière elle. Nouveau flash. Voilà qu'il la prenait elle en photo... A sa guise. Elle espérait simplement pour lui qu'il ne serait pas assez idiot pour la publier. Dans ce cas, il se verrait dans la même position que celui qu'il poursuivait jusque là... Quand le corps du blondinet ne lui apporta plus une seule goutte de sang, elle le reposa sur le sol. Délicatement, presque avec tendresse. Un instant plus tard, elle se trouvait face au photographe. Il l'informa qu'elle avait eu son meilleur client. Mais il n'eut cependant aucune réponse. Pas pour le moment... Pour l'heure, elle avait mieux à faire.

Silencieuse, et sans lui demander son avis, elle avança d'un pas. Si proche de lui, elle pouvait entendre son coeur battre. Bam bam. Bam bam. Un pas de plus. Bambam. Bambam. Jolie mélodie du coeur qui accélère. As-tu peur petit humain ? Un dernier pas avant qu'elle ne s'arrête. A présent, elle se trouvait à à peine quelques centimètres du jeune homme, presque nez à nez. Il ne recula pas pourtant. Bien. Lentement, elle se pencha vers lui... Le visage dans son cou. Son nez pâle s'arrêta à quelques millimètres de la peau chaude de l'humain. Et elle huma. Longuement, elle inspira l'odeur qu'il dégageait. Un parfum assez simple, mais tout de même distingué. Mat, doux et frais. Un parfum léger mais captivant. Des agrumes, peut-être la mandarine ou la bergamote, qui laissaient une impression de fraîcheur. De la menthe et de la sauge. Epicé... Et du santal, de la vanille, de l'ambre et du musc. Boisé... Elle resta quelques secondes à le humer ainsi, contournant son cou pour ne rien rater de la fragrance. A cela venait se mêler l'odeur de son sang. Délicieuse... Mais elle ne le mordrait pas, non. Lorsqu'elle jugea qu'elle l'avait assez senti, elle se redressa, face à lui et toujours aussi proche. C'est alors que le deuxième travail commença : ses yeux, vifs, parcoururent son visage pour en dessiner les moindres traits. De loin, elle avait noté que ses traits étaient doux. De près, elle le confirmait. La peau hâlée, les cheveux courts, une mâchoire masculine, de jolies lèvres pulpeuses, et des yeux très clairs. Malgré l'impression de nonchalance qu'il voulait afficher, il avait un regard tendre. Il était un peu plus grand qu'elle aussi mais, sincèrement, ce ne serait pas cela qui l'inquièterait. Des épaules larges et carrées. Plutôt bien dessiné... pour un humain. Mais cette étude approfondie de son parfum et de son physique n'avaient qu'un seul but : lui assurer qu'elle le reconnaitrait. Même si elle ne savait pas encore son nom, elle n'aurait aucun mal à le discerner dans une foule. Pourquoi le voudrait-elle ? Parce qu'il avait une photo d'elle... Et peut-être aussi parce qu'il avait voulu la... protéger? en prenant cette photo à ce moment. Cela avait stoppé le geste du chasseur. Même s'il n'avait aucune chance. Mais elle s'avançait et supposait sur les intentions du photographe. Soudain, un changement radical. Son regard se fit vide, comme si elle regardait à travers lui. †~

" Le sang vole et éclabousse les toiles fraichement peintes... Il ruisselle sur les petites boules argentées.

Navrée. Pour ton... client. "


~† Elle s'était évadée, une fois de plus. Enfuie dans les recoins nébuleux de son cerveau dérangé depuis toujours. Cette fois, elle n'avait même pas eu conscience d'être "partie". Elle ne s'était même pas rendue compte d'avoir parler. Les mots étaient juste sortis, parce qu'ils le voulaient. Et une fraction de seconde plus tard, elle était à nouveau la vampire étrange et dangereuse. Ses yeux semblaient s'être rallumés, avoir retrouvé de leur vie. Et elle ne lâchait pas le jeune homme du regard. Elle ne savait pas en quoi le chasseur était son client, et d'ailleurs elle ne voulait pas le savoir. Elle n'était pas vraiment navrée non plus. Sa voix avait été basse, d'abord froide, puis plus condescendante. Elle avait parlé doucement, en un murmure, mais suffisamment pour être entendue par des oreilles humaines. Ah ces humains... Finalement, Charlotte se décida de reculer au moins d'un pas. Lui rendre un peu de son espace vital. Sans le lâcher du regard, elle glissa son index jusqu'à ses propres lèvres et récolta les quelques gouttes de sang qui s'y étaient égarées. Elle amena finalement son doigt à ses lèvres et le lécha lentement. Le sang... Ce liquide était tellement... Ah, elle en perdait son latin... Sa main retomba mollement le long de son corps sans vie. La voilà qui était plus présentable... Un petit rictus pointa alors et s'étira lentement au coin de ses lèvres alors qu'elle reprenait la parole. Toujours sans bouger, statue figée... †~

" Dis-moi, jeune humain. Que comptes-tu faire de ma photo... ? "
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Matt Declan

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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Jeu 19 Mar - 23:59

J’en avais vu des dizaines. Peut-être plus. Probablement des plus sanguinaire (quoi que cela restait à prouver après le sort de mon pauvre compagnon de race) des plus effrayants en tout cas, mais jamais d’aussi près.
Quand elle se penche sur moi j’essaie de ne pas fermer les yeux. De ne pas bouger. Je commence à les connaître. L’odeur de la peur ils savent ce que c’est, ça doit les exciter. Je tente de calmer la cavalcade de mon cœur par tous les moyens. Pas évident. Elle dégage le danger par tous les pores de sa jolie peau.
Elle résiste pourtant à l’envie de planter ses dents dans mon cou. Mon odeur ne doit pas lui plaire plus que ça. Pour une fois j’ai de la veine. Ses yeux me scrutent et me mettent à nu. Habituellement face à une femme, ça ne me dérange pas. Mais habituellement, les femmes que je fréquente ne sont pas capables de me rompre les os en un tour de poignet.

Elle est encore plus particulière que je ne le croyais. Soudain ses yeux déraillent et elle perd le fil de l’histoire. L’éventualité de me tailler en douce pendant qu’elle divague m’effleure l’esprit. Ça me passe vite. Elle n’aurait aucun mal à me rattraper. Et là, je ne donne pas cher de ma carcasse.
Quand elle revient parmi nous elle daigne enfin me donner de l’air. Ils me font souvent l’effet de félins cruels aimant jouer avec leur proie. J’ai la désagréable sensation qu’elle n’a pas encore décidé si elle allait me bouffer ou autre.
C’est plus « autre » qui m’inquiète.
Je jette un œil au corps du pauvre hère, figé à tout jamais dans sa position grotesque.

La question est posée en presque tout innocence. Je dis presque parce que j’ai la vague impression qu’aucune réponse que je suis en mesure de lui donner ne la satisfera entièrement. Si mes frasques artistiques lui ont sauvé la vie, elles n’en restent pas moins …dérangeantes.

Je laisse retomber mon appareil sur ma poitrine, confiant à la lanière le rôle de le préserver de la chute.
Je glisse mes mains dans mes poches et fais deux pas dans sa direction. Cette fois-ci, c’est moi qui m’arrête à quelques centimètres d’elle. Avec plus de réserve probablement. Pas envie de me faire pomper l’hémoglobine. Je n’empiète pas sur son espace vital mais je me rapproche suffisamment pour annoncer la couleur. C’est pas la trouille qui commande.


- Qu’est-ce que tu me proposes d’en faire ?

Je risque un sourire amusé, elle me répond, statue de marbre.

- Rien qui ne serait fâcheux pour moi...

Je lève un œil intéressé vers la poupée de porcelaine.

- je suppose que la première d'un journal pour assassinat sauvage fait partie du "fâcheux"?

Je vois d’ici ma première page. Un remake de liaison fatale ou la belle trucide joyeusement ses amants.
Ok, rien à voir.
Si ce n’est qu’elle est aussi fascinante que Glenn Close.


- Je suppose. Surtout si le lendemain les mêmes gros titres devaient réapparaitre.... Oui ce serait fâcheux.

Surtout pour moi.

Je chasse rapidement l’image de moi en version casse-croûte. C’est une version de ma photo fiction qui étrangement me convient bien moins.

Un visage comme ça pour un être pareil c’est une abomination visant à prouver que si Dieu existe, c’est un môme cruel.


- Je vais me contenter de la garder alors. A moins que tu ne tiennes à détruire la pellicule. Ce qui entre nous serait dommage, elle m’a l’air plutôt réussie.
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Sam 28 Mar - 19:11

~† Si elle venait de lui poser une question piège ? Oui et non... D'accord à la question "Que comptes-tu faire de ma photo" il n'y avait pas de bonne réponse. Juste des mauvaises... D'un autre côté, elle était réellement curieuse de savoir ce que cet humain comptait bien faire de cette photo. Une photo d'elle. Elle n'avait pas souvent été prise en photographie, figée dans le temps sur une feuille de papier spéciale. Jamais en train de se nourrir d'un humain en tout cas... Elle ne serait jamais figée dans le temps... Le temps était son ami, un complice qui avait une aussi longue durée de vie qu'elle. Comme la mort. Lorsque l'on était un vampire, on avait beaucoup de ces amis étranges... Le temps, la mort, la lune, la solitude, la soif... Comme le temps, les vampires s'étiraient sans jamais se déformer. Constants. Comme la mort, ils frappaient souvent au hasard, semant le chaos. Comme la lune, ils revenaient jour après jour, quoiqu'il arrive. Comme la solitude, ils savaient que même s'ils s'attachaient à quelqu'un, ce n'était jamais pour toujours. Parce qu'eux vivaient pour l'éternité, pas les autres. Ils se retrouvaient toujours, à un moment ou à un autre, seuls. Et comme la soif, ils ne pouvaient jamais être comblés. Intarissables, inextinguibles. Il leur fallait toujours du sang, toujours plus de sang... Même pour ceux qui, imbéciles, avaient décidé de se nourrir de sang animal. Il n'en restait pas moins qu'il leur en fallait toujours plus... Comme pour les autres, les "sanguinaires". Au fond, ils étaient tous dans la même situation, à mettre dans le même lot. Des buveurs de sang... C'était juste que certains avaient décidé d'en boire de meilleur qualité... D'ailleurs, si elle ne venait pas tout juste de se nourrir de celui qui avait cru pouvoir lui retirer l'éternité, elle n'aurait certainement pas pu résister au liquide carmin qui pulsait dans le corps de cet angelot. Surtout pas avec la musique carillonnante de son coeur affolé...

Angelot qui tentait cependant de surpasser sa peur. Ou de faire comme si en tout cas. Un pas en avant dans la direction de la jolie vampire. Mais pas plus. Il ne fallait pas qu'il s'approche trop près non plus, elle aurait très bien pu le croquer... Charlotte ne put empêcher ses lèvres de s'étirer légèrement, très légèrement, face à la bêtise de l'humain. C'était lorsqu'ils se sentaient en danger qu'ils révélaient tout leur "courage" même si souvent, celui-ci se transformait en idiotie. Mais ils n'y pouvaient rien. Ce n'était pas de leur faute, c'était ainsi voilà tout. Depuis toutes ces années elle avait eu le loisir de le constater et de le vérifier de nombreuses fois... Ainsi, presque avec insolence, il lui demanda ce qu'elle voulait qu'il fasse de cette photo. Et il aurait effectivement été malvenu qu'il l'utilise à une quelconque fin qui mettrait à mal Charlotte. Car alors ce serait une photo du corps déchiqueté du photographe qui aurait fait la une... Courageusement idiot mais pas tant que cela. Il la garderait finalement. Sage décision... Et non, elle ne tenait pas spécialement à ce qu'il la détruise. Elle se moquait qu'il la garde ou non tant que cela ne lui apportait pas d'ennuis... Alors à sa guise. Ainsi, après cette discussion somme toute intéressant durant laquelle elle avait pu constater que son "sauveur" n'était pas une mauviette qui prenait ses jambes à son cou dès qu'il croisait une créature de la nuit, Charlotte détourna son attention pour la reporter sur le corps sans vie qui gisait au sol. Elle ne pouvait pas le laisser là, bien trop risqué... Et quel meilleur endroit pour cacher un corps qu'un cimetière ? Regardant rapidement autour d'elle, elle vit non loin l'entrée du cimetière et la cabane qui appartenait probablement au gardien. Sans consulter le jeune humain, elle se dirigea vers le petit établissement en sautillant légèrement. Elle fit sauter le cadenas comme un enfant aurait déchiré une feuille de papier, et pénétra dans la petite cabane. Plusieurs pelles étaient entreposées là et elle s'empara de l'une d'elle. Lorsqu'elle fit volte-face, elle remarqua que l'humain était devant la porte et l'observait. Il voulait l'aider à creuser. S'il le souhaitait... Elle lui lança la pelle et en saisit une autre avant de retourner vers le corps. Ils creusèrent quelques minutes, elle fournissant moins d'efforts que lui, dans un silence religieux. Ce fut certainement pour le briser que le photographe prit la parole... †~


- La prochaine fois, prends-le moins grand, ça évitera de creuser trop profond....
" La prochaine fois... Comptes-tu m'aider à creuser aussi, la prochaine fois ? "
- Ca dépend c'est un job à temps complet ou tu fais ça pour meubler les soirées?
" Ni l'un ni l'autre jeune humain... Je fais cela parce que j'en ai besoin, mais plus encore parce que cela me.. plaît.
T'arrive-t-il souvent d'essayer de sympathiser avec un vampire ? "

- Seulement si ça peut lui faire penser à autre chose qu'à me bouffer.

~† A cette dernière phrase, la vampire releva le visage vers lui, plutôt amusée. Il avait un petit sourire aux lèvres et il aurait facilement pu passer pour un ange. Cela la conforta dans ce qu'elle avait pensé en le voyant : de nombreuses mères lui donneraient le bon Dieu sans confession et pousseraient leurs filles vers ce jeune homme pour en faire leur gendre bien sous tout rapport. Et de nombreuses mères se seraient évidemment fait avoir... Quel parfait gendre que voilà, qui prenait des photos de vampires en train de se nourrir d'humains et qui les aidait ensuite à creuser la tombe de leurs victimes... Néanmoins, sous ses airs léger et plaisantin, il avait conscience du danger que cela représentait. Il savait parfaitement qu'elle pouvait décider, d'un moment à l'autre, de lui ôter la vie en aspirant son liquide vital. Poussant un peu le vice, elle afficha un petit sourire mystérieux et pencha légèrement la tête sur le côté, signe de curiosité. †~

" As-tu peur ? "

- Oui.
" Pourquoi as-tu pris cette photo, la première ? "
- C'est mon travail. Enfin... plus ou moins.
Peut-être aussi parce que ça me plait.


~† Reconnaissant là un clin d'oeil à sa propre phrase, elle émit un petit rire cristallin. L'humour de ce jeune homme lui plaisait et elle songeait avoir bien fait de ne pas le tuer. Reprenant son sérieux, elle décida de l'interroger. Ce n'était, après tout, pas tous les jours qu'elle rencontrait un humain qui aimait à prendre en flagrant délit des vampires se nourrissant de ses congénères au point d'en faire son travail... †~

" Pourquoi ? "

- Ca rapporte.
Il rentre pas ton bonhomme là?

" Tu peux ne pas répondre à mes questions, sais-tu ? Tu n'as pas à avoir peur, pas de moi en tout cas. Si j'avais voulu te croquer je l'aurais déjà fait...
Quand à mon bonhomme... Il aurait pu rentrer même dans une quinzaine de centimètres... "


~† Etrangement, elle avait senti que l'humain ne souhaitait pas s'étendre sur les raisons qui faisaient qu'il aimait son travail. Peut-être un secret, peut-être une tragédie, peut-être juste une envie de ne pas exposer sa vie, peut-être pour ne pas trop se révéler à une vampire. Et de reporter le sujet de discussion sur le mort était comme un moyen d'échapper à la question. Mais elle ne le forçait pas à répondre à ses questions. Il était libre de ne pas y répondre, et n'avait pas à le faire dans la crainte. Comme elle le disait, si elle avait voulu le tuer, elle l'aurait déjà fait... Quant au pantin inanimé, effectivement, il aurait pu rentrer dans 15 centimètres de terre. Il aurait suffi qu'elle le découpe en plus petits morceaux, voilà tout. Ce n'aurait pas été la première fois... Elle revint vers le corps et l'attrapa par une main pour le tirer sans difficulté aucune vers la tombe. D'un geste négligent du pied, elle le fit tomber dans le trou qu'ils venaient de creuser et se mit à recouvrir le corps de terre. Il n'y avait pas de compassion ni de gêne dans ses traits. Elle avait l'habitude de faire cela. Ce n'était qu'un humain, rien de plus. Un parmi tant d'autres. Ils étaient tellement nombreux... Elle ne dit rien de plus alors qu'ils recouvraient son corps. Le photographe non plus, méditant certainement sur les paroles de la vampire. Ils avaient pratiquement terminé lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne connaissait pas son prénom. Elle s'apprêta à le lui demander mais de nouvelles odeurs vinrent chatouiller ses narines. Plusieurs, différentes. Une demie-douzaines d'odeurs humaines. Se retournant, elle vit à l'autre bout du cimetière une bande d'hommes. Bien bâtis et tous armés. Des chasseurs sans aucun doute. Et si elle n'avait pas été une vampire, elle n'aurait pas deviné leur présence aussi tôt. Elle lança sa pelle dans un bosquet, prit celle de l'humain et fit de même. Sans s'affoler, elle se tourna vers le jeune angelot qui l'avait aidée, et sa voix s'éleva, totalement neutre et indifférente. Car il était certain que ces chasseurs n'épargneraient pas un humain qui aidait une vampire. †~

" Cours. "
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Matt Declan

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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Dim 29 Mar - 17:51

Le bruit de la pelle creusant la terre me hantera probablement des nuits. C’est pas la première fois que je fais les choses sans réfléchir, poussé par une sorte d’instinct qui me dis quoi faire et quand. Et là, en l’occurrence, il me dit de creuser.
Elle balance le type dans son trou comme on balance une poubelle dans un container. En vrac. Elle pousse sa négligemment, du bout du pied, et je crois que ce qui me fous le plus les jetons, c’est qu’elle le fait avec classe.
La beauté de cette femme me terrifie parce que j’ai l’impression qu’on ne peut pas y faire face. Je la regarde à plusieurs reprises dans le blanc des yeux, histoire d’être certain que je ne vais pas me transformer en pierre si mon regard croise le sien par mégarde. Elle me renvoie un œil indifférent et lointain.
Elle n’est pas là. Pas vraiment.

Sa voix est aussi monotone que si elle m’annonçait la pluie. Je mets un court instant à réaliser ce qu’elle a dit.


« Cours. »

Elle l’a dit sans se presser, sans paniquer et c’est peut-être ça qui me glace le sang. Je me retourne à mon tour pour les apercevoir, multitude d’ombres menaçantes dans la nuit qui s’approche en douce. J’ai la naïve prétention de croire l’espace d’une seconde qu’ils sont là pour elle et que je ne risque rien. Puis mon cerveau se remet à fonctionner. Je démarre au quart de tour.
Elle m’a déjà mis cent mètres dans la vue et j’entends la cavalcade et les cris derrière moi. Plus question d’être discrets, ils débarquent en force.
Je me retourne trois ou quatre fois pour les compter. J’en ai six. Six en version catcheurs-déménageurs et qui paraissent endurants et légèrement persévérants.
Au loin, je suis une pâle silhouette qui semble flotter plus que courir. Elle se retourne elle aussi et j’ai la désagréable sensation qu’elle ne coure pas aussi vite que ce qu’elle pourrait.
La honte.
Je contourne les tombe en me maudissant de marcher sur les pierres tombales. Y a pas mal de choses que je respecte pas, mais les morts n’en font pas partis. Eux, je les respecte. Peut-être parce que finalement, ce sont les moins cons. Là où ils sont ils ne peuvent plus participer à la grande épopée humaine qui vise à être de plus en plus stupide et dégénérée. Au moins, ils ont fait leur temps et n’insistent pas.
Et moi, je leur marche dessus.

Au détour d’une allée, je perds de vue mon éclaireuse. Elle m’a distancé et bien. Derrière moi, les voix sont plus lointaines. Ce qui m’inquiète c’est qu’ils crient. Ils doivent être séparés.
Je me jette derrière un caveau dont les murs sont tapissés d’inscriptions gravées à même la pierre et j’attends.
A courir en aveugle, il est clair que je vais me faire avoir.
Les secondes passent et les cris semblent s’éloigner.
Je me détends un peu et desserre la main qui cramponnée à mon appareil par peur de le lâcher, a les jointures blanchies.

Quelque chose frôle rapidement ma cheville et je me redresse d’un bon, retenant une exclamation étouffée.
Un chat. Un putain de chat.
Les rencontres nocturnes avec des vampires ne me réussissent pas.


- Casse-toi.

La boule de poil revient se frotter à ma jambe. Il a l’air du genre collant. Je regrette presque ma première intuition, celle du mort vivant qui me saisissait la cheville.
Cette carpette ambulante va me faire repérer si elle arrête pas sa sarabande.

- Allez, pchhhhhhhhhhht, dégage !

Tu parles qu’il m’écoute. Il roucoule comme une gonzesse et réattaque de plus belle en direction de mon jeans.
Je le choppe par la peau du coup et l’empêche de gigoter. Aux anges, il se frotte à ma main. C’est vraiment con un chat. Je suis à deux doigts de l’étrangler pour qu’il la ferme et lui, il s’éclate.

J’en profite pour jeter un œil au dessus de mon mur. Tout à l’air calme. Pas âme qui vive, à par moi… et carpette qui n’a jamais eu l’air plus heureux que dans mes bras.
Et après on vous rabat les oreilles avec l’instinct de l’animal qui sait tout de suite si on lui veut du mal ou pas.

Foutaises.

Comme s’il lisait dans mes pensées, la boule de poil sort soudain les griffes et hérisse le poil en crachotant. Je le lâche au sol avant qu’il me déchiquette le bras et à ma grande surprise, c’est pas contre moi qu’il peste. Le dos rond la queue en version plumeau de ménagère il fixe une tombe à deux pas de moi.

- Et ben quoi, qu’est ce qui…

Il bondit sur moi sans que j’ai le temps de réagir. Je m’effondre au sol dans un craquement horrible et une douleur sourde au niveau de la tête. J’ai heurté le mur avec la tempe, une chance que j’ai la tête dure. Les sons se confondent, les images aussi, j’entends des cris sans en distinguer la signification.

- J’en ai un... Par là….Saloperie.

Le reflet doré d’une lame s’approche de moi. Les cris se mêlent. Ceux de l’homme et d’autres. On dirait qu’on égorge un bébé. J’essaie de me dégager de l’homme, mes mains s’agrippent à sa gorge et serrent. Pas suffisamment cependant. Pourtant il se contorsionne, il hurle et se débat comme si je lui crevais les yeux.
C’est là que je comprends. Ce ne sont pas les cris d’un nouveau né, mais ceux du chat. Cramponné au visage de l’homme, il lui lacère la face de ses griffes. Je me dégage comme je peux et tente de me redresser lorsqu’un deuxième homme déboule dans notre allée, suivit par un troisième.
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Sam 11 Avr - 1:43

~† Les humains pouvaient se montrer particulièrement lents, ne croyez-vous pas ? Entre le temps où elle lui avait conseillé de courir et le moment où son cerveau en avait donné l'ordre à ses jambes, il s'était bien passé quelques longues secondes. Pire encore, les enjambées qu'il faisait... Courait-il réellement ? Ou faisait-il simplement son petit jogging de minuit ? A voir comme elle le distançait, c'était ce que n'importe qui aurait pu penser. Seulement elle savait que non, il ne faisait pas semblant. Elle entendait la chamade désordonnée de son coeur affolé. Il courait vraiment, aussi vite qu'il le pouvait, bien conscient de ce qui lui arriverait s'il se faisait attraper. Et si elle allait si vite, c'était tout simplement parce qu'elle était une vampire... Et encore, comme il le pensait, elle n'allait pas aussi vite que ce dont elle était capable. A passées 300 années d'existence vampirique, elle pouvait se mouvoir sans qu'un oeil humain n'ait le temps de la repérer si elle le souhaitait. Or pour l'heure, elle était ralentie non seulement par le fait qu'elle le guidait dans le chemin à prendre, mais plus encore, elle ne voulait pas s'éloigner trop si les chasseurs venaient à rattraper le photographe. Elle ne savait toujours pas s'il avait pris la photo de son agression pour la sauver ou juste parce que cela aurait fait un bon article mais, dans le doute, elle était prête à lui rendre la pareille... Et si ce n'était pas le cas, alors tant pis, elle aurait épargné la vie d'un humain qu'elle trouvait plutôt sympathique. Elle n'y perdait pas vraiment au change... Car, vraiment, elle aurait trouvé dommage que ce jeune photographe périsse, surtout par sa faute. Il ne lui avait pas souvent été donné de croiser des humains qui surpassaient leurs peurs des créatures de la nuit, et qui le faisaient avec humour. Ce jeune homme était parvenu à attirer sa curiosité et sa sympathie et, rien que pour cela, il méritait de vivre... Un peu plus longtemps.

Lorsqu'elle fut presque arrivée à la sortie du cimetière, elle s'arrêta et se figea devant un mur de pierre. Si ses cheveux n'avaient pas été si sombres et n'avaient pas volé dans la légère brise, elle aurait pu se fondre dans le décor. Statue de pierre. L'oreille tendue, elle écoutait ce qu'il se passait, au loin. Les chasseurs criaient, se communiquant leurs positions ou s'envoyant mutuellement des ordres. Quant à son photographe... Il semblait avoir disparu. Elle avait perdu sa trace... Fermant les yeux afin de se concentrer un peu plus sur ce qu'elle entendait ou sur les odeurs qu'elle pouvait sentir, elle perçut bientôt un craquement. Celui d'un corps qui se heurte à une pierre. Qui ? Un "j'en ai un" suffit à la convaincre. Alors il s'était fait attraper... Imbécile. N'attendant pas plus, elle se remit à courir vers les voix, plus rapidement cette fois. Aussi vite qu'elle le pouvait. Quelques secondes plus tard, elle les avait presque rejoints. Il ne lui fallut pas plus d'un temps pour évaluer la situation. Le photographe titubant se redressait maladroitement. Un chat... Un chat, oui. Un chat était accroché au visage d'un chasseur. Et deux autres, à quelques mètres d'elle, avançaient d'un pas déterminé. Jolis draps dans lesquels il venait de se fourrer là... Il lui fallait faire quelque chose. Prendre une décision, choisir un plan d'attaque. Rapidement. Or il s'avérait que la jolie brune était très douée dans l'action, se laissant volontiers guider par son instinct qui lui soufflait toujours de bonnes idées...

D'abord, s'occuper des deux chasseurs qui se dirigeaient sur son "protégé". Sans avoir rien prémédité, elle sauta, s'élevant gracieusement dans les airs, et ses talons entrèrent brutalement en contact avec les épaules du premier. Le poids, la vitesse, la pression tout simplement, étaient trop forts pour la faible constitution du corps humain... La chair et les os n'étaient guère assez solides. Alors ce qui devait arriver arriva, les épaules se désolidarisèrent de la colonne vertébrale. L'humain n'eut probablement même pas le temps d'avoir mal... Son corps inerte s'écroula sur le sol, au moment où Charlotte ramenait légèrement ses pieds sur terre. Le second ne fit lui non plus pas long feu... Elle se précipita sur lui, attrapa sa tête entre ses mains et, après un craquement sonore, il rejoignit lui aussi les graviers des allées. Les événements s'étaient enchaînés très vite et le jeune angelot avait tout juste eu le temps de reprendre ses esprits et de donner un coup de pied à son agresseur, toujours empêtré avec le chat. A peine avait-il eu le temps d'observer le spectacle. Elle ne se tourna pas encore vers lui, préférant se débarrasser du dernier chasseur qu'elle avait dans son champ de vision. Elle fit quelques pas vers sa massive silhouette étendue et le chat cessa aussitôt de miauler et rentra les griffes. Il se recula, lui laissant libre champ, et retourna se lover dans les jambes du photographe. Saviez-vous que même les animaux avaient peur des vampires ? Non ? Eh bien voilà chose faite... Charlotte se pencha légèrement, attrapant le chasseur au col, et jeta au sol le poignard. Elle le souleva sans aucune difficulté, suffisamment pour porter son cou à ses lèvres. Non elle ne but pas son sang. Elle se contenta de le mordre et, par la même occasion, de lui arracher la jugulaire avant de le laisser retomber. Lui aussi n'était plus qu'un pantin... Seulement alors, elle se tourna vers l'angelot. †~

" Tais-toi. "

~† Non loin, elle sentait et entendait les derniers chasseurs qui rodaient. Elle aurait pu simplement aller les attaquer et en moins de cinq minutes cela aurait été terminé. Mais c'était trop dangereux pour lui. Alors, toujours dans l'empressement, elle chercha une alternative. Ses yeux parcoururent à une vitesse affolante les alentours, cherchant un endroit où se cacher autre que derrière ce caveau. Mais ils étaient dans un cimetière... Et il n'y avait pas grand chose d'autres que des tombes, et de la végétation... Tout près, une rangée de cyprès... Cachaient-ils un mur disgracieux ou étaient-ils simplement une barrière entre deux allées ? Peu importait, elle avait trouvé en eux leur salut. Sans rien dire, ni prévenir, elle glissa sa main dans la sienne. Elle était chaude. Et moite. Probablement la peur. La sienne devait être gelée, comme toujours. Elle l'entraina silencieusement vers les cyprès, le poussant entre deux arbres qui ne laissaient aucune place à un corps étranger. Qu'importe, ils se feraient leur place de force. Elle le suivit entre les arbres et ne s'arrêta que lorsque les branches se furent refermées sur eux, les cachant parfaitement. Le chat ? Le chat avait suivi ce qu'il devait considérer comme son nouveau maître et restait à ses pieds. Elle tourna légèrement la tête vers le jeune humain. Ce n'était certes pas très confortable mais s'il avait été plus rapide... Elle lui intima de se taire et de ne pas bouger. Car déjà, les voix et les pas se rapprochaient... †~
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Dim 26 Avr - 19:08

J’ai beau en avoir vu avant elle, elle me fait froid dans le dos cette poupée brune qui tue sans un frémissement de ses jolies lèvres. Elle me fout la trouille et pourtant elle me fascine. Alors qu’elle exécute des mouvements dont la chorégraphie et le timing sont parfaits pour la danse macabre qu’elle entame, je ne peux m’empêcher de comparer la scène à un ballet. Elle est la danseuse étoile de l’action, volant de l’un à l’autre avec des élans gracieux, méticuleuse et dangereuse jusqu’au bout de ses jolies mains.

Alors je la suis. Je la suis comme un zombi, la tête encore toute à la scène dont je suis témoin : cette femme vampire vient de me sauver la vie. Je n’ai pas le temps de poser mes questions qu’elle m’intime de me taire et me pousse dans les retranchements d’arbres entre lesquels je n’étais pas certain de pouvoir me faufiler.
Bien obligé puisqu’elle ne me laisse pas le choix, je constate avec aise qu’en jouant des épaules il y a de la place pour les arbres et moi. On devrait pouvoir cohabiter un instant. Pas bien longtemps cependant parce que l’odeur des cyprès me fout mal au cœur. Je les ai toujours associés aux cimetières et ce, sans encore avoir faillit y passer dans un de ces lieux. M’est avis que je pourrais plus les blairer après.

Je les entends enfin. Ceux qu’elle a du entendre alors qu’ils venaient à peine de penser à parler.
Ils sont plusieurs et avancent à enjambées pressées d’après le bruit des graviers sous leurs pieds. Je n’arrive pas à distinguer le nombre, mais je peux déjà dire qu’il y en a trop à mon goût. La nuit a eu son lot de massacre, j’ai plus qu’une envie : rentrer chez moi. J’ai mes clichés, le boulot est fait j’aimerais ne pas y laisser ma tête.

Au fond de l’allée déboulent cinq hommes. Je savais que la chasse aux vampires était un jeu de meutes, mais celle-ci me parait particulièrement lâche. Ils ralentissent en découvrant ce qui reste de leurs camarades.


- Earl…. Putain… regarde ça.
- On va lui régler son compte …t’inquiète Mark…
- T’inquiète ???!!!!! T’inquiète ???!!!

Les accents hystériques qui percent sous sa voix me donnent envie qu’il y passe. Je sais pas pourquoi je suis envahit par une bouffée d’envie de le butter. Mes nerfs s’affolent sous l’épiderme. Ce pauvre gars n’a probablement rien fait mais je sens que je ne pourrais pas supporter ses cris longtemps.
Je jette un œil à mon ange noir, elle est immobile au point qu’on la prendrait pour une statue Grecque. Ses traits sont lisses malgré ce qu’elle vient de faire et tout semble couler sur elle comme sur les plumes d’un oiseau.


- Elle a retourné la tête de Cole !!! Regarde son cou merde ! Il a … il a…. Comment tu veux pas t’inquiéter.


Le bruit reconnaissable d’une paire de baffes cingle la nuit et je bénis le mec qui lui a filé. J’y serai allé moi sinon. Mark parait plus calme après s’être mangé sa claque. Un des deux autres hommes murmure quelque chose et je les vois se pencher vers le sol. Si l’ange gardien à la chevelure sombre qui m’accompagne semble voler sans laisser de traces au sol, il n’en est pas de même pour moi. Je distingue nettement dans l’obscurité les cratères que mes Caterpillars ont laissés dans le gravier.
Entre mes jambes, mon nouveau compagnon se terre, le poil hérissé. On dirait que lui aussi retient son souffle.
Un reflet argenté attire mon attention. Ces mecs là sont armés jusqu’aux dents et le plus étrange c’est que l’adrénaline est retombée. Je sais qu’ils vont passer l’arme à gauche dés que l’ange de la mort aux traits doux en aura décidé ainsi.

Aussi étrange que cela me paraisse, ils ne suivent pas les traces mais se séparent. Je les perds rapidement de vue et interroge la jeune femme du regard.
Et je ne connais toujours pas son nom…

A travers les branches du sapin je tente d’apercevoir celui qui se barre sur la gauche. Je crois qu’il contourne le bosquet de cyprès et ça, ce n’est pas bon signe. Je me sens piégé comme un rat dans sa boîte. Derrière moi, les troncs sont trop resserrés pour que je puisse passer, si on m’attaque de front je suis coincé.
J’ouvre la bouche mais immédiatement, elle y applique un doigt fin et gelé. J’acquiesce d’un léger signe de tête. Elle doit savoir ce qu’elle fait.

Je me rappellerais de cette soirée comme une étrange collaboration. Vampire, humain et félin. On croit rêver.

Un bruit que je ne reconnais que trop bien titille mon oreille gauche. Les battements de mon cœur repartent de plus belle, à moins d’un mètre de moi, on vient de charger une arme à feu. Je n’ai pas a esquissé le moindre mouvement vers elle, elle a déjà relevé la tête vers l’origine du bruit.
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Dim 17 Mai - 1:45

~† Elle avait compris qu'ils les retrouveraient, qu'ils suivraient leurs traces grâce aux empreintes des pas du photographe dans le gravier, et ce dès qu'ils avaient murmuré, croyant à tort qu'elle ne les entendrait pas. Ils voulaient se séparer, les encercler. Charlotte n'avait pas bougé d'un pouce, ne voulant pas effrayer l'humain à côté d'elle. Il découvrirait bien assez tôt ce que les chasseurs, du moins ceux qui avaient jusqu'ici survécu, avaient en tête. Elle avait vu le poignard qui lui était destiné briller dans les ténèbres de la nuit. Elle ne bougeait pas, les yeux rivés au sol, concentrée sur le moindre bruit qu'elle écoutait. Un souffle. Le photographe voulait parler, exprimer sa peur, son angoisse. N'avait-il toujours pas confiance ? Ne venait-elle pas déjà de lui sauver la vie ? Il n'eut cependant pas le temps de sortir un son, elle avait déjà déposé son index sur ses lèvres. Qu'il se taise. Il fallait qu'elle reste concentrée afin d'évaluer la situation. Sur sa droite, à à peine un mètre, un nouveau reflet argenté. L'un des chasseurs l'attendait, arme à la main. Mais un événement qu'elle n'avait pas prévu survint... Sur sa gauche, juste derrière le photographe, une arme à feu était chargée. Enrageant, la vampire retint de justesse un sifflement de fureur. Son visage restait impassible mais une lueur dangereuse brillait à présent au fond de ses yeux clairs. Il lui fallait réfléchir et trouver une solution, et rapidement...

Une seconde plus tard, elle avait trouvé. Elle glissa sa main gauche sur l'épaule de l'humain qu'elle s'acharnait à garder en vie. Sa main droite quant à elle, devrait se faire furtive. Elle compta rapidement jusqu'à trois, mentalement, et sa main droite jaillit des arbres comme un clown de sa boîte pour s'emparer du poignard. Parallèlement à cela, sa main gauche fit pression pour que le photographe se baisse et s'accroupisse. Lorsqu'il se retrouva à mi-hauteur, elle envoya le poignard en direction du chasseur qui tenait le pistolet et se baissa à son tour. L'arme blanche atterrit dans la gorge de l'humain et, comme prévu, son dernier réflexe fut de tirer. La balle partit à toute vitesse, traversant les feuilles des sapins, et vint se loger dans la tête de l'autre chasseur, celui auquel elle venait de chiper le poignard. Voilà qui rééquilibrait un peu la balance. Deux de moins, il n'en restait donc plus que trois... Elle ne les voyait pas, ne savait pas où ils se trouvaient. Elle se releva lentement, retira sa main de l'épaule du jeune homme, et se concentra à nouveau. Ecouter les souffles, les cœurs, les déplacements des corps... Mais rien. Personne ne bougeait, personne ne respirait. Heureusement qu'elle pouvait toujours se repérer aux battements de cœurs... Mais même là, ils étaient tous réguliers... Ah non. L'un d'eux venait de changer et de s'accélérer. Sur la gauche. Probablement venait-il de découvrir le corps de son défunt collègue...

Elle ne dit rien à son protégé, mais depuis qu'elle le lui répétait, il devait certainement avoir compris qu'il devait ne pas bouger et se taire... Sans un mot donc, elle s'éclipsa, le laissant seul avec son nouveau chat. Elle avait un peu de ménage à faire... Elle se faufila hors des arbres avec facilité, se dirigeant sans aucun doute vers le cœur palpitant. Comme elle l'avait deviné, il observait bouche bée le chasseur mort, qui avait toujours le poignard planté dans la gorge. Elle s'avança rapidement derrière lui et, sans faire de détails, lui brisa à lui aussi la nuque. Ce qu'elle n'avait cependant pas vu à l'avance, c'était que les deux chasseurs restants se seraient servi de celui qu'elle venait de tuer comme appât... Ainsi, deux secondes plus tard, l'un des deux lui sautait dessus, l'attrapant par derrière et lui liant les bras, tandis que l'autre surgissait par devant, poignard à la main. Elle sentit une lame froide contre et dans sa peau. Elle baissa légèrement les yeux, l'arme se trouvait à seulement quelques centimètres plus haut que son coeur mort. Un peu plus et... Le sifflement furieux s'échappa bien cette fois d'entre ses lèvres retroussées. Elle n'eut pas vraiment à se débattre. Elle se pencha juste en avant et ses mâchoires se refermèrent sur la joue de l'inconscient qui avait voulu mettre fin à sa vie. Elle arracha peau et chair, et le malheureux se mit à hurler, levant ses mains, palpant de ses doigts son visage en lambeaux. L'autre chasseur la tenait toujours, alors elle n'eut d'autre choix que de lui donner un coup de pied, cassant sans difficulté son tibia (hum...). Il la relâcha aussitôt, criant lui aussi de douleur, penché en avant, appuyé sur sa seule jambe valide. Elle se contenta de lui briser la nuque.

Celui qui restait cependant, lui, n'aurait pas ce traitement de faveur... Il avait tout de même voulu lui retirer son éternité... Les autres aussi à bien y regarder, mais eux n'avaient pas été proches d'y arriver. S'avançant vers lui, le regard impitoyable, elle plongea sa main dans sa cage thoracique et en sortit son coeur, organe primordial, qui pulsait encore. Sans une once de pitié, elle fourra le muscle sanglant dans la bouche du chasseur avant que celui-ci ne s'écroule à terre. Et c'était terminé... Elle les avait tous décimé, un à un. Les corps gisaient encore tous sur le sol, mais elle ne chercherait pas à les cacher. Cela ferait quelques remous aux informations dans les jours qui suivraient, mais cela serait un bon avertissement pour les autres chasseurs... Silencieusement, elle alla s'asseoir sur le haut d'une tombe. Elle leva son regard vers la lune. Le silence qui venait de s'abattre sur le cimetière semblait plus morbide encore que d'ordinaire. Elle baissa lentement son regard et observa silencieusement le poignard toujours planté dans sa peau. Il avait vraiment failli ne pas la rater... Le poignard se trouvait juste à la limite du décolleté créé par la robe. Un peu plus bas se trouvait son coeur... Son éternité aurait très bien pu s'arrêter là, ce soir, pour un humain... Elle resta quelques secondes à regarder la lame brillante. Puis une autre chose brillante attira son attention. Le sang qui ruisselait de ses doigts, éclairé par la lune... Alors elle s'échappa. Son regard se fit trouble, se dirigeant de nouveau vers la lune. C'était terminé et elle divaguait... †~

" Le soleil ne brillera plus jamais. Il s'est couché derrière l'horizon et les bourreaux rient de voir les plumes s'envoler... "
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MessageSujet: Re: ~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]   Dim 14 Juin - 19:50

Aujourd’hui je crois que j’ai compris tous ces gens qui dégobillent à la sortie des manèges. Tant que l’adrénaline vous tiens, vous n’avez plus conscience de votre corps ni de tout ce qui vous entoure. Le haut le bas on s’en fout. L’odeur, la peur rien n’y fait.
Si.
En fait il reste quelque chose.
Le bruit.
Le craquement sinistre d’une nuque, d’un tibia, ça, ça reste.
Mais dans les manèges c’est plutôt rare.
A moins de laisser trainer sa main sous les rails du grand huit.
Enfin, je sais pas. Jamais essayé.

Aujourd’hui je suis monté sur le manège de la mort.
Ma compagne et sa danse macabre. Je l’ai regardé fasciné comme un môme restant planté devant des images gores qu’il sait par avance ne pas pouvoir oublié mais qui lui maintiennent les rétines plus alertes que son dessin animé préféré.
J’ai pas bronché.
J’ai vu le sang jaillir, senti mes os se briser avec les leurs, lu ma propre peur de crever dans leur yeux, fais écho à leur dernier rictus avant de rendre l’âme et je n’ai pas bougé.
J’ai témoigné de l’acte désespéré du malheureux et son vain poignard, j’ai senti l’odeur de son cœur qu’on arrache de sa poitrine encore palpitant.
Et j’ai pas bronché.

Quand tout a été fini, c’est l’odeur du sang qui m’a sauté au visage. Elle s’est engouffrée dans mes narines comme si on venait de faire péter une banque de sang à mes pieds. Comme s’il venait juste de couler. Une fois que tout a été fini seulement.
Une odeur de rouille, de sel, de sueur et de peur. Une odeur écœurante. Une que je connais bien et dont je me serai volontiers passé. Une odeur qui rime avec cris.
Une odeur de passé.

Juste le temps de me pencher derrière une tombe et d’arroser le massif qui la borde avec mon dernier repas.
Je vous épargne les détails et le menu.

Une fois l’estomac vide je m’accroupi un instant pour m’habituer à l’odeur qui reste collé à mes vêtements, eux même parsemés de débris.
Des morceaux de gens. Du sang… un peu du mien et un qui ne m’appartient pas.
Mes oreilles bourdonnent un moment, au point que je me demande si en plus de dégueuler devant les dames je ne vais pas continuer mon show au point de m’évanouir. Au point où j’en suis niveau classe, on est plus à ça prêt.

Puis les bourdonnements cessent et font place à une voix lointaine.
Comme une chanson, litanie de mots incompréhensible pour mon esprit aussi brouillé que mon estomac, où il est question de soleil et d’horizon.
Je jette un œil par-dessus mon épaule, prêt à encaisser un sourire froid et moqueur, un rictus de dégoût ou bien même une absence.
Ces yeux roulent au loin, fixant la lune qui émet un halo doré autour d’un ange de la mort couvert de sang et plus fascinant encore que les dernières images qu’elle m’a offertes.
Si mes doigts ne tremblaient pas autant j’aurai immortalisé l’instant.
Sauf que je ne suis pas certain que mon estomac tienne le coup.

Elle reste là, sans bouger, lèvres entrouvertes, yeux rivés sur le disque lunaire et je me demande si elle a pas pété un plomb à sa manière. Je vois encore l’entaille du poignard qu’elle a retiré. Une rapide révision de mes cours sur les vampires m’informe qu’elle n’est pas à l’agonie.

Qu’a-t-elle alors ?

Au vue des corps, dont je détourne vite les yeux, merci j’ai ma dose, ce ne sont pas là ces premiers meurtres.
Ce qui finalement n’empêche pas de perdre la tête.

J’enjambe un amas sanguinolent de ce qui fut un jour un homme, un tas ensanglanté avec la tête dans le dos et me dirige vers elle, partager entre le besoin de respirer de grandes goulées d’air pour tenir debout et l’envie de me boucher le nez, parce qu’y a pas à dire : la mort, ça pue.

Je m’entends dire connement :

- ça va ?

Puis encore plus niais.


- Merci.

Je ferme les yeux un instant pour me tenir le front d’une main avant que mon odorat m’avertisse.
Ma main est pleine de sang.
Je la baisse aussitôt et reprend contenance comme je peux.
C'est-à-dire pas grand-chose.

J’ai déjà l’impression d’entendre des sirènes et de l’excitation. Dans cette ville, la mort à une odeur si forte que les requins débarquent quand les corps sont encore chauds. Et j’ai pas spécialement envie de me retrouver au milieu de tirs croisés entre les vampires attirés par le sang, les chasseurs prêts à dégommer tout ce qui bouge et la milice.

J’ai l’impression d’être une antilope, entre deux lionnes et un troupeau d’éléphants prêts à la piétiner.
Plutôt se faire péter le palpitant dans une course folle. Plus glorieux comme mort.


- On devrait pas rester là.

Sauf si t’as encore un peu les nerfs.

Puis


- Viens.
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~† Les cimetières ne sont plus ce qu'ils étaient... †~ [Pv Matt]
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